Edition du 16 décembre 2011
Les marchés ne croient plus aux promesses
Les marchés en direct
Court répit après le sommet des 8 et 9 décembre lors duquel les pays de la zone euro se sont entendus sur un nouveau pacte, qui repose notamment sur un contrôle plus strict des budgets nationaux, ainsi que sur une réforme limitée du futur mécanisme européen de stabilité, qui sera désormais épaulé par la BCE. Moins d’une semaine après, les marchés étaient saisis de nouveau par le doute.
La BCE refuse d’être prêteur en dernier ressort pour les Etats comme peuvent l’être la Fed ou la Banque d’Angleterre. Mario Draghi exclut d’intervenir davantage sur le marché de la dette publique comme le réclament certains Etats, notamment la France. Le président de la BCE répète que les achats qu’effectue déjà la banque centrale sont "limités" et "temporaires" et balaie la possibilité d’un financement des Etats par la BCE via le Fonds monétaire international (FMI) : "C’est incompatible avec les traités [qui] interdisent un financement monétaire des Etats". La BCE a réitéré son souhait de voir les responsables politiques européens "faire le maximum" pour redonner de la stabilité au système financier européen.
L’Allemagne se range derrière la position de Mario Draghi et a par ailleurs demandé à l’Europe de s’en tenir à une discipline budgétaire stricte sur fond d’opinions divergentes de responsables européens. Elle a exclu d’augmenter la taille du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), au-delà des 500 Mds € acceptés par tous lors d’une réunion à huis clos mardi au parlement allemand.
La résistance de l’euro mise à mal. Témoin du scepticisme des investisseurs quant à la capacité de l’accord européen négocié à contenir efficacement la crise de la dette, l’euro baissait face au dollar, franchissant le seuil des 1,30 mercredi 14 décembre puis se stabilisant à ce niveau. Dans un contexte de contraction des économies de la zone euro, cette baisse de l’euro apporte une bouffée d’oxygène aux entreprises de la zone.
Avec le dollar, les dettes allemandes et américaines retrouvent leur statut d’actifs refuge. Le Bund allemand à 10 ans a retrouvé son plus bas niveau depuis le 23 novembre, à 1,93% le 14 décembre. Aux Etats-Unis, le taux des obligations 10 ans a enregistré également une baisse, jusqu’à 1,90% le même jour, preuve que la dette américaine conserve son statut d’actif de réserve.
Sources : Bloomberg et sources de presse Achevé de rédiger le 16 décembre 2011 sur la base des cours de clôture au 15 décembre 2011







