Bouclier fiscal : limiter l’imposition directe à 50 % de ses revenus
Cette année encore, les impôts directs payés par un contribuable en France ne doivent pas dépasser 50 % du total de ses revenus. Si tel est le cas, il est possible d’obtenir de l’administration fiscale le remboursement de ce trop-perçu. Pour cela une demande expresse doit être adressée au service des impôts qui n’effectue pas spontanément cette restitution. Il reste à déterminer si ce dispositif sera maintenu à l’identique dans les années à venir, compte tenu de la réflexion engagée par l’Etat sur une éventuelle réforme fiscale.
Le principe de restitution du trop-perçu
Les impôts directs payés par tout contribuable fiscalement domicilié en France sont limités à 50 % de ses revenus. Ce principe, institué en 2006 mais plusieurs fois réaménagé, permet au contribuable de bénéficier d’un droit à restitution du trop-perçu par l’Etat.
Toutefois, l’existence de ce bouclier fiscal ne dispense pas d’une avance de trésorerie. Ainsi, en 2011, le contribuable peut effectuer une demande de remboursement du trop-perçu par l’Etat en 2008.
Le bouclier fiscal, un dispositif peu utilisé
Potentiellement, le bouclier fiscal concernerait un peu plus de 230 000 contribuables. Pourtant, en 2010, seuls 18 764 d’entre eux ont engagé une demande de restitution.
À noter : depuis le 1er janvier 2009, le contribuable peut de lui-même imputer sur le paiement de ses impôts directs, à l’exclusion de l’impôt sur le revenu, la somme qu’il estime due par l’administration fiscale. La prudence s’impose toutefois puisqu’il s’expose à une amende en cas d’erreur de calcul.
Bouclier fiscal : un principe simple
Le principe de fonctionnement du bouclier fiscal est simple : le total de l’imposition directe d’un contribuable ne doit pas dépasser 50 % de ses revenus.
Le contribuable doit déterminer son revenu de référence auquel il impute le montant des impôts directs qu’il a payé.
Revenus de référence pris en compte
Tous les types de revenus, sauf quelques exceptions, sont pris en compte dans le calcul du bouclier fiscal :
les différents revenus catégoriels de l’impôt sur le revenu (traitements et salaires, BNC, BIC...) ;
les plus-values ;
les revenus soumis au prélèvement libératoire ;
les revenus exonérés d’impôt (exemple : intérêt des PEL) ;
les charges et déficits imputables ;
et, sous certaines conditions, les produits de l’assurance vie.
Les impôts directs sont seuls concernés
Pour déterminer si le contribuable dépasse le seuil de 50 % d’imposition globale, les impôts suivants sont pris en compte :
impôt sur le revenu ;
ISF ;
prélèvements libératoires sur les revenus perçus dans l’année ;
contributions sociales d’un total de 12,3 % (dont la CSG) ;
impôt retenu à la source sur les plus-values immobilières ;
impôts locaux concernant l’habitation principale.
Un bouclier fiscal moins efficace en 2011
Trois dispositions viennent amoindrir l’efficacité du bouclier fiscal en 2011 :
la réforme des retraites adoptée en 2010 a intégré une majoration de 40 à 41 % de la tranche d’imposition la plus élevée du barème de l’impôt sur le revenu. Cette majoration n’est pas prise en compte par le bouclier fiscal ;
la taxation sur les plus-values immobilières est passée de 16 à 19 %. Pour rappel, les taxes ne sont pas prises en compte dans le calcul du bouclier fiscal ;
la contribution additionnelle de 0,2 % au titre de la CSG et de la CRDS.
Une demande à formuler expressément
Le remboursement du trop-perçu n’est pas automatique. Il faut en formuler la demande auprès du service des impôts avant le 31 décembre de l’année suivant le paiement de l’impôt. Après examen, la restitution du trop-perçu est effectuée par un virement de l’administration fiscale directement auprès du contribuable.
© Reed Business Information, Eric Nicolier, janvier 2011.







