Les marchés en direct
Au-delà de la résolution des problèmes de liquidités à court terme, l’adoption du plan de sauvetage de la Grèce de 110 milliards d’euros au cours du week-end des 1-2 mai n’avait pas réussi à convaincre les investisseurs. L’incertitude restait en effet entière sur la faculté du pays à atteindre ses objectifs de rigueur budgétaire. Par ailleurs, les inquiétudes à l’égard des risques de contagion aux autres Etats périphériques de la zone Euro sont restées vives, comme l’ont reflété les tensions sur les CDS (contrats de protection contre un risque de défaut d’une contrepartie, ici d’un Etat) tout au long de la semaine dernière. Jeudi dernier, alors que les attentes étaient fortes, les investisseurs ont finalement mal accueilli l’absence d’annonces de la part de la BCE lors de la conférence de presse de J-C. Trichet. Les opérateurs ont donc redoublé de prudence à l’égard des classes d’actifs risqués, accentuant la spirale baissière des places boursières européennes en fin de semaine. L’euro, entraîné par l’envenimement de la situation, a terminé la semaine sur le niveau de 1.27 dollar contre 1.33 dollar vendredi 30 avril (pour rappel : 1 euro = 1.50 dollar mi-décembre 2009).
Face au paroxysme des marchés et aux risques réels de crise systémique, l’Union Européenne a finalisé ce week-end les détails d’un plan de soutien historique pouvant aller jusqu’à 750 milliards d’euros, avec l’appui du FMI.
Ce plan s’articule autour de trois axes :
1- Augmentation du plafond du fonds communautaire (financé par les 27 Etats membres), déjà en place avant la crise, en passant de 50 à 110 milliards d’euros. Ce fonds est à disposition de tous les pays de la zone Euro.
2- Création d’un mécanisme d’assistance via un fonds de stabilisation de 440 milliards d’euros, afin de constituer une nouvelle entité capable de lever des fonds sur les marchés pour ensuite acheter la dette de pays en difficulté.
3- Possible engagement du FMI à hauteur de 200 à 250 milliards d’euros, sous forme de prêts.
Les deux derniers volets de ce plan sont importants, car en cas de prêt d’urgence, les décisions pourront être prises plus rapidement que dans le cas de la Grèce. En échange, les destinataires des fonds devront s’engager à mettre en place des plans d’austérité rigoureux supervisés par le FMI et la Commission Européenne. En parallèle, tous les Etats européens se sont engagés à atteindre les objectifs de déficit prévus par le Pacte de stabilité d’ici 2013/2014.
La BCE a quant à elle annoncé son intention d’intervenir sur les marchés de la dette publique et privée de la zone Euro, en passant par des achats de titres dont l’ampleur sera déterminée par le Conseil des Gouverneurs.
LES POINTS FORTS ET LES POINTS FAIBLES DES MARCHES AU 10 MAI 2010
Sources : Reuters et sources de presse – Achevé de rédiger le 10 mai 2010







