Les marchés en direct
Après un bon début de semaine lié à la publication de statistiques rassurantes sur l’activité américaine (bon PIB sur le 4e trimestre, hausse des commandes industrielles et des enquêtes de confiance supérieures aux attentes), un vent de panique a soufflé sur les marchés boursiers, conduisant les principaux indices à effacer les gains enregistrés depuis vendredi dernier.
Sur la seule séance de jeudi, l’indice CAC 40 a ainsi perdu 2.75%, les Bourses de Madrid et de Lisbonne se sont inscrites en recul respectif de -5.94%% et -4.98%. Aux Etats-Unis, l’indice S&P 500 a affiché une baisse de plus de 3%, revenant sur ses niveaux de début novembre 2009.
Aux inquiétudes déjà vives à l’égard des problématiques d’endettement de la Grèce, sont venues se greffer celles relatives aux finances publiques de l’Espagne et du Portugal.
Les « PIGS* », au cœur des préoccupations des investisseurs
Avec la mise en exergue des difficultés financières de la Grèce et depuis peu, de celles du Portugal et de l’Espagne qui ont publié des déficits publics records (respectivement 9.3% et 9.5% du PIB), les investisseurs ont pleinement pris conscience que le risque de contagion aux autres pays périphériques de la zone Euro était important. Les rumeurs de dégradation des notations financières de ces deux économies par les agences Moody’s et Fitch (qui emboîteraient le pas à leur homologue Standard & Poor’s) ont particulièrement attisé les craintes des investisseurs sur la journée de jeudi. Désormais, les investisseurs redoutent que l’effet de contagion puisse aller au-delà des frontières de l’UEM. Il convient de rappeler que les Etats ont récupéré dans leur bilan une partie des excès financiers accumulés avant 2007. Les politiques de relance budgétaire mises en place pour sortir de la récession et soutenir l’activité ont inévitablement aggravé l’état des finances publiques des pays développés. Dans ce contexte, les investisseurs, déçus par les plans d’assainissement budgétaire annoncés récemment (Grèce notamment), sont dans l’attente de mesures plus concrètes pour permettre de réduire les déficits publics sans fragiliser la croissance. Cette crise de confiance de la zone Euro nécessitera des preuves de solidarité et de soutien des pays européens les plus forts. Ainsi, les mesures de rigueur budgétaire pourraient concerner l’ensemble des pays de la zone Euro et peser sur le rythme de la croissance future. Le regain de prudence observé hier sur toutes les places boursières est donc essentiellement lié au fait que le problème du risque souverain soulève le sujet de la pérennité de la croissance, et ce d’autant que les économies développées sont à peine sortie de récession. Le risque souverain a donc changé de dimension.Pour preuve, les primes de risque des CDS (Crédit Default Swaps) des pays de la zone Euro, qui reflètent l’assurance contre un défaut de paiement d’une dette souveraine se sont envolés hier, pour atteindre des niveaux supérieurs à celles des entreprises privées.
* PIGS : Portugal, Irlande, Grèce, Espagne
Dans ce contexte, l’euro, a atteint hier un plus bas de 8 mois face au dollar (1€ = 1.3721 $).
La ré-appréciation du dollar a été également portée par la publication aux Etats-Unis de la hausse des commandes industrielles, en décembre (+1% contre 0.5% attendu).
LES POINT S FORTS ET LES POINTS FAIBLES DES MARCHES AU 5 FEVRIER 2010
Achevé de rédiger le 5 Février 2010







