Les marchés en direct
La consolidation en cours depuis le 19 octobre s’est poursuivie en début de semaine dans un climat d’attentisme en amont des comités de politique monétaire de la Fed et de la BCE. Puis, les messages des Banques Centrales, Fed en tête ont permis un retournement des marchés en milieu de semaine (séance des 4 et 5 novembre). Les principaux indices boursiers affichent donc un repli mesuré sur la semaine (CAC 40 : -0.14%). Néanmoins, l’aversion au risque a fait son retour sur les marchés boursiers car des problèmes de fond tels que l’explosion des déficits publics suscitent l’inquiétude des investisseurs. La hausse du prix de l’once d’or qui avoisine désormais les 1 100 dollars témoigne de ce regain de volatilité.
Des nouvelles contrastées du côté des valeurs bancaires
Le secteur bancaire a fait l’objet d’un flot de nouvelles inquiétantes en début de semaine avec l’annonce du lancement d’une augmentation de capital de la banque britannique Lloyds à hauteur de 21 Mds£, les mauvais résultats de Commerzbank (pénalisés par des dépréciations supplémentaires et des charges de restructuration) et de UBS, ainsi que des rumeurs persistantes sur une augmentation de capital de Bank of America. Mais, la publication jeudi d’un résultat net trimestriel en hausse de 44.8% par BNP Paribas a participé au rebond du secteur bancaire européen.
Banques Centrales : statu quo monétaire de la Fed et la BCE
Sans surprise, la Fed a maintenu le niveau actuel de ses taux « pour une période prolongée » en raison des difficultés liées au chômage, à la faible croissance des revenus, à la décote des actifs immobiliers et au resserrement du crédit. La Fed a néanmoins adopté une position plus accommodante qu’anticipé. Ce statu quo offre la perspective de taux durablement bas pour les marchés, ce qui constitue un facteur de liquidité positif et de soutien indéniable pour les actifs risqués. De même, la BCE n’a pas modifié sa politique monétaire. Néanmoins, son président, Jean-Claude Trichet a commencé à
évoquer le retrait de ses mesures non conventionnelles. L’institut pourrait ainsi ne pas renouveler ses opérations de refinancement à 1 an dont la dernière aura lieu le 15 décembre prochain. En revanche, les opérations à trois et six mois
pourraient être maintenues.
Une avalanche de bonnes publications économiques de part et d’autre de l’Atlantique
A l’issue d’une semaine particulièrement dense en terme de publications économiques, la tendance globale milite pour une sortie
de récession avec plusieurs indicateurs bien orientés.
ZONE EURO
Climat des affaires : rebond du secteur manufacturier et des services en octobre.
L’indice de confiance de l’industrie est passé pour la première fois en 17 mois au-dessus du seuil des 50 qui sépare la croissance
de la contraction.
L’indice de confiance des services est ressorti en croissance pour le 2ème mois consécutif en octobre à 52.6 au plus haut depuis décembre 2007 (contre 50.9 en septembre).
Révision des perspectives de croissance du PIB
Après avoir connu la pire récession de son histoire, l’Europe devrait enregistrer une croissance positive, quoique faible, à partir du second semestre 2009. La commission européenne a en effet relevé ses prévisions de croissance du PIB dans la zone Euro et table désormais sur une progression de 0.7% en 2010 (contre une contraction de 0.1% au printemps dernier). L’une des principales difficultés du vieux continent réside dans la situation du marché de l’emploi : le chômage devrait continuer à progresser et pourrait avoisiner les 11% de la population active en 2011. Par ailleurs, l’envolée des déficits publics sous l’effet
conjugué des plans de relances massifs et de la diminution des rentrées fiscales constitue un autre sujet d’inquiétude : les déficits pourraient représenter plus de 7% du PIB l’an prochain (contre 2.25% en 2008).
ETATS-UNIS
Climat des affaires : rebond du secteur manufacturier mais baisse surprise des services en octobre
L’indice ISM manufacturier a atteint 55,7, contre 52,6 en septembre traduisant une accélération de l’expansion dans l’industrie manufacturière.
L’indice ISM des services a au contraire légèrement reculé en octobre 2009, mais il ressort supérieur à 50 et indique donc toujours une activité en expansion dans les services aux Etats-Unis.
Poursuite de l’embellie du secteur immobilier en septembre
Les promesses de ventes de logements affichent une progression de 6,1% par rapport à août et de 21,2% par rapport à l’an dernier (en septembre 2008). Ainsi, celles-ci ont augmenté pendant huit mois consécutifs, la plus longue série depuis 2001. L’indice ressort ainsi au plus haut depuis décembre 2006.
Les dépenses de construction aux Etats-Unis ont affiché en septembre 2009 une augmentation assez nette de +0,8%, supérieure au consensus des économistes, grâce à la construction dans l’immobilier résidentiel. En effet, les dépenses de construction dans l’immobilier résidentiel ont grimpé de 3,9%, un record depuis l’été 2003.
Bonne tenue de l’activité industrielle en septembre, rebond de la productivité au 3ème trimestre
Les commandes à l’industrie sont ressorties légèrement supérieures aux attentes en affichant une progression de +0.9% en septembre contre une baisse de 0.8% en août.
La productivité non agricole a augmenté de 9.5% au 3ème trimestre, la plus forte hausse depuis 6 ans, reflétant le rebond de la production après les plans de réductions d’effectifs et de coûts menés par les entreprises.
Marché de l’emploi : du mieux
L’enquête mensuelle sur l’emploi du cabinet ADP a confirmé que le secteur privé continuait à réduire ses effectifs en octobre mais le nombre de suppressions de postes est tombé à son plus bas niveau depuis plus d’un an.
CHINE
La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance 2009 et 2010 pour la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est, soulignant
toutefois que ces derniers devraient peiner à suivre le rythme du géant chinois. Selon son estimation semestrielle, le PIB chinois
devrait croître de 8,4% cette année puis de 8,7% en 2010 grâce à la politique de relance budgétaire et monétaire massive du
gouvernement et à une demande intérieure en forte croissance.
Achevé de rédiger le 6 novembre 2009 – Reuters et sources de presse







